Une vague de solidarité à Ceuta

Berit Kessler

À Ceuta, l’association Nonamekitchen a reçu 150 propositions de bénévolat en quelques heures, après le passage de plus de 70 000 personnes de la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole. L’équipe de terrain de cette ONG s’est réorganisée avec vingt volontaires sur le terrain.

Le nombre de morts parmi les dizaines de milliers de personnes qui ont passé la frontière à Ceuta fin juillet 2026 n’est pas encore établi. Plusieurs ONG l’estiment à 130. L’ Association marocaine des droits humains (AMDH) avance le chiffre provisoire de 141 et demande une enquète indépendante. Parallèlement à l’instrumentalisation de cet afflux d’exilés à Ceuta et à la réponse sécuritaire de l’Europe et de la France, les ONG ont assisté à une vague de solidarité. « Honnêtement, c’était incroyable à voir », indique Ric, coordinateur terrain de Nonamekitchen à Ceuta.  » En quelques heures, nous avons reçu plus de 150 candidatures de bénévolat, et nous avons pu passer d’une équipe de terrain habituelle de quatre personnes à vingt personnes, pour les distributions de nourriture, de vêtements, de chaussures et de médicaments, le recueil de témoignages et de preuves, le soutien psychologique et les premiers soins médicaux ».

Des problèmes de logement et de blocage de l’aide humanitaire à la douane

« Le véritable problème, c’est le logement; »explique Ric, « Tout est saturé. Les services d’urgence sont tellement débordés qu’ils louent des garde-meubles à 500 euros la semaine, juste pour offrir aux gens un endroit où dormir à même le sol — sans sanitaires, sans espace, parfois avec pour seul mobilier une vieille armoire laissée sur place. Il n’y a tout simplement plus de place nulle part. À cela s’ajoutent les blocages douaniers pour l’acheminement des dons, Ceuta ne faisant pas partie de l’espace Schengen ; cela implique des contrôles supplémentaires et des complications à chaque étape.« 

Actuellement encore plus de 10 000 personnes en transit

Selon Ric, « il y a probablement au moins 10 000 personnes actuellement en transit. Environ 3 000 à 4 000 personnes sont réparties entre le centre d’accueil CETI, le centre pour mineurs installé dans l’ancienne école Reina Sofía et une nouvelle structure pour mineurs baptisée Nueva Esperanza. Ce soir, quelque 800 femmes dormiront sur un terrain de football, 300 à 400 jeunes filles passeront la nuit dans la rue, des mineurs dormiront dans les bois, et l’on pourrait compter entre 3 000 et 4 000 migrants subsahariens supplémentaires sur la plage de Trampolín.

Pour soutenir Nonamekitchen, c’est ici

19 août 2026

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