Refugees in Libya, une association d’exilés s’organise en Europe

Antonio Nardelli.Photo d’illustration

 » Nos corps ne sont pas vos frontières ». C’est l’un des slogans repris par « Refugees in Libya ». L’association, créée en Italie compte une douzaine de bénévoles actifs en France. L’objectif est de faire entendre une voix des exilés et de soutenir des personnes sur la route migratoire. Refugees in Libya cherche à se faire connaitre. Avis à ceux et celles qui voudraient les inviter à des évènements bienveillants.


Nous rencontrons Salahadine au festival de cinéma de Douarnenez dans le Finistère. Le jeune soudanais prend le temps d’expliquer : « Refugees in Libya a été fondé après le mouvement de Tripoli en 2021. On avait assisté à des arrestations massives d’exilés et nous avons refusé de rester silencieux et invisibles. » Puis, l’association se crée en Italie en 2024 et s’organise en Europe, présidée par Naïma, une jeune femme en Suède. « Nous nous sommes déplacés à Paris, Nantes,Marseille, Strasbourg et d’autres villes pour témoigner, dénoncer la détention, l’esclavage, l’abandon en Libye et en Tunisie. Ce qui s’y passe est utile à l’Europe et nous voulons que cela cesse.«  En France, ils sont une douzaine de membre actifs, essentiellement des soudanais, des érythréens et des éthiopiens. Le site internet précise :  » Notre action existe parce que les communautés concernées ont refusé de rester silencieuses, invisibles ou éternellement dépendantes d’institutions qui, trop souvent, parlent des réfugiés tout en les excluant des décisions concernant leur propre vie. »

« Les tunisiens échangent des exilés contre du pétrole »

 » Nous parlons aussi de ce qui se passe en Tunisie » développe Salahadine, « Depuis 2023, c’est aussi très compliqué dans ce pays. Les tunisiens échangent les exilés contre du pétrole à la frontière avec la Libye. Et les miliciens libyens demandent ensuite des rançons exorbitantes, de l’ordre de 3000 à 5000 euros, aux familles restées au pays, tandis que les personnes subissent de la torture, des viols dans les prisons ou en travail forcé. »

Refugees in Libya a mis en place une ligne d’urgence

Une hotline a été mise en place par Refugees in Libya pour soutenir des cas désespérés sur la route migratoire. Des dizaines de demandes y affluent tous les jours, depuis le Niger, la Tunisie, la Libye.  » Nous ne pouvons pas tous les soutenir, mais dans les cas extrèmes, nous aidons à permettre des soins à l’hôpital ou à compléter les fonds pour une rançon ».

Un appel à tous les partis politiques à contester la politique migratoire de l’Europe

Le site de Refugees in Libya lance aussi un appel politique : « Nous appelons les partis politiques de toute l’Europe, en particulier ceux de l’opposition prêts à contester les politiques de leurs gouvernements, à soutenir publiquement et de manière constante les luttes menées par les réfugiés eux-mêmes. Ce soutien doit aller au-delà de simples marques de sympathie. Les représentants politiques peuvent remettre en question les accords qui financent les interceptions et les renvois vers des lieux où les personnes sont exposées à la détention, à la torture et à l’esclavage. Ils peuvent exiger un contrôle parlementaire, des auditions publiques, des enquêtes indépendantes et de la transparence concernant la coopération avec la Libye et d’autres pays utilisés pour contenir les personnes déplacées hors d’Europe.« 

« On aimerait être invités pour présenter nos activités »

Salahadine conclut : « il y a plusieurs façons nous soutenir. En nous aidant financièrement bien sûr, mais aussi en nous invitant à témoigner et à présenter nos activités. » Le contact est sur Refugeeesinlibya.org

29 août 2026

Partager :