
La déforestation en Amazonie brésilienne a atteint l’an dernier son plus bas niveau depuis 2019. La surface déboisée est passée pour la première fois sous le million d’hectares, selon le réseau de surveillance de référence mapbiomas. Ce réseau constate que la hausse des contrôles et des sanctions a une relation directe avec la baisse de la déforestation. En revanche, la fin du moratoire sur le sojà prévu en 2026 est inquiétante.
D’abord, c’est enfin ce que l’on peut considérer comme une bonne nouvelle : près de 985.000 hectares ont été déboisés en 2025, soit une réduction de 20,6% par rapport à 2024. Il s’agit de la surface la moins élevée depuis le début des relevés de MapBiomas, en 2019.
« Nous avons constaté une hausse du contrôle et des sanctions (…) qui ont une relation directe avec la baisse de la déforestation dans tous les biomes brésiliens »
, a déclaré Marcos Rosa, coordinateur technique de ce réseau de surveillance. Selon lui, 65% des zones où MapBiomas a identifié des alertes de perte de végétation ont fait l’objet d’actions concrètes des autorités en 2025, contre 54% en 2024 et seulement 5% en 2019, première année du mandat de l’ex-président d’extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2022).
Pour rappel, l’importance de l’Amazonie dans la décarbonation mondiale
On estime que l’Amazonie stocke environ 123 milliards de tonnes de carbone, à la fois en surface et sous terre, ce qui en fait l’ une des « réserves de carbone » les plus importantes de la planète. Sa déforestation est donc un problème mondial. De plus, selon Greenpeace, l’Amazonie abrite plus de 390 peuples indigènes ainsi qu’environ 137 groupes isolés qui ont fait le choix de ne pas être en contact avec le monde extérieur.
Des inquiétudes liées à la fin du moratoire sur le soja
Au Brésil, premier exportateur mondial de soja, la plante oléagineuse fait l’objet d’un bras de fer avec des conséquences sur la déforestation. Un moratoire a été instauré en 2006 signée par une trentaine d’entreprises exportatrices telles que l’états-unien Cargill ou encore le Français Louis-Dreyfus. Pour rappel, le soja est notamment importé en France pour nourrir les cochons en Bretagne. Ce moratoire est un mécanisme de lutte qui a prouvé son efficacité dans la lutte contre le déboisement. Ces dernières années, l’accord a été de plus en plus contesté par des producteurs de soja, qui ont engagé des actions en justice contre les entreprises signataires. Des Etats producteurs ont aussi adopté des lois visant à supprimer des avantages fiscaux accordés aux sociétés adoptant des engagements environnementaux plus stricts que la loi. Ces lois font l’objet de recours devant la Cour suprême fédérale du Brésil, mais elles ont porté un coup fatal au moratoire, conduisant à son abandon en janvier 2026. Plusieurs ONG, dont WWF Brésil, poursuivent des recours en justice.
Valérie Le Nigen, 7 août 2026






