Des citoyens investissent dans le transport à la voile

La maquette de Miaraka, le futur cargo à voile de Windcoop. Crédit photo – Windcoop

Parce que le vent est une énergie propre, inépuisable et gratuite, près de 2.500 sociétaires ont participé à la troisième levée de fond de Windcoop, la compagnie maritime militante basée à Lorient en Bretagne. Ce projet vise à construire le premier porte conteneur de la compagnie, qui effectuera la liaison Marseille Madagascar.

Nils Joyeux, le directeur général de la coopérative, avait espéré un million d’euros avant le 31 décembre 2025. Il en a finalement 1,4. La troisième levée de fonds de Windcoop, la compagnie maritime basée à Lorient, a bien marché avec 2.486 sociétaires aujourd’hui, essentiellement des particuliers motivés pour impulser une dynamique dans la décarbonation du transport maritime. » Certains mettent 100 euros, d’autres 100.000″, constate Nils Joyeux : « Ils sont intéressés pour montrer qu’on peut construire un porte-conteneur qui économise 60 % de carbone par rapport à un cargo classique, mais ils sont aussi heureux d’acheter un petit bout de bateau, et de devenir co-armateurs », explique Nils Joyeux. « Autre motivation : participer à une économie différente. On leur explique pourquoi on construit en Turquie, la problématique entre les marins étrangers ou français. Bref, ils participent. »

L’ enjeu écologique

Selon Windcoop,  90% des échanges mondiaux de marchandises se font aujourd’hui par voie maritime, ce qui représente 3% des émissions de CO2 mondiales soit un milliard de tonnes. En d’autres termes, si le transport maritime était un pays, ce serait le 6ème plus gros émetteur de CO² de la planète. Or, selon le livre blanc de Windship, si rien n’est fait, les émissions de CO² pourraient encore augmenter de 50% d’ici à 2050 par rapport à 2018.

La première tôle découpée en Turquie

La première tôle du navire a été découpée le 19 décembre 2025, sur le chantier RMK marine en Turquie. Les voiles seront fabriquées à Saint-Nazaire et plusieurs sous-traitants bretons à Lorient ou en presqu’île de Crozon sont déjà fléchés. D’autres contrats sont en négociation. À terme, la compagnie, basée à Lorient, embauchera une dizaine de personnes pour gérer le navire qui effectuera la ligne Marseille-Madagascar.

Encore possible de devenir sociétaire

« Les nouveaux sociétaires sont encore les bienvenus », précise Nils Joyeux. L’argent supplémentaire servira notamment à équiper le cargo. Les souscriptions peuvent donner lieu à une défiscalisation.

  • 2 486 sociétaires aujourd’hui
  • 826 nouveaux sociétaires sur la levée de fonds 2025
  • 8 249 000 € levés depuis le début du projet
  • 1,4 M€ levés en 2025

Valérie Le Nigen, 4 février 2026

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