A Calais, un accueil digne des exilés est possible

L’une des chambres de la Margelle, à Calais

À Calais, pour qu’un exilé puisse espérer qu’on lui donne une tente, il faut un délai de deux semaines en ce mois de décembre. Pour faire face au vent, au froid, aux évacuations violentes, les personnes à la rue peuvent chercher un peu de chaleur à l’accueil du Secours Catholique, récupérer un peu de bois grâce à Woodyard, ou compter sur l’engagement de citoyens et citoyennes motivées. C’est le cas de l’équipe de la Margelle, une maison d’accueil où les hommes seuls trouvent un peu de répit.

Les brosses à dents accrochées aux arbres

« Les évacuations de tentes sont constantes. Parfois, on ne sait juste parce qu’il reste seulement des brosses à dents accrochées aux arbres, que les policiers n’ont pas pensé à retirer, » observe Jade, directrice générale de l’Auberge des Migrants, une des associations historiques créées par des calaisiens pour soutenir les exilés. Ces évacuations récurrentes participent aux violences policières documentées par plusieurs associations humanitaires, dont HRO. Quand aux centres d’accueil proposés par l’Etat, il sont à 60 kilomètres au plus près. Dans ce paysage de blocks de pierre, de béton pour empêcher l’installation de tente, plusieurs maisons continuent à accueillir des exilés. C’est le cas de la Margelle. Jeanne et Juliette, les deux coordinatrices ouvrent tous les soirs les portes de cet espace chaleureux à des exilés en provenance du Darfour, du Yemen et de bien d’autres pays.

Dans le salon de la Margelle, Jeanne replace des dessins de drapeaux.

À l’étage, neufs lits sont proposés pour des  » longs » séjours, à savoir six semaines maximum. Au rez-de-chaussée, six places sont ouvertes pour une seule nuit, du lundi au vendredi matin. « Le lendemain matin, ces personnes vont ensuite tenter d’être mis à l’abris dans les structures de l’État, les centres d’examen des situations d’accueil, les CAES, en général à 60 kilomètres » explique Jeanne, l’une des deux coordinatrices de la maison.

Une maison pour les proches des exilés disparus à la frontière

Début novembre 2025, Ubuntu, l’association qui cherche les financements pour la Margelle, a ouvert une maison de répit pour les proches des disparus à la frontière. Il y a six places. Ces familles viennent surtout pour l’organisation des funérailles. Ubuntu est soutenu par Emmaüs International, Emmaüs France et la Fondation pour le Logement (nouveau nom de la Fondation Abbé Pierre), Caritas ( qui finance tout le volet alimentation) et AnBer, qui est également un financeur important.

Aider les citoyens qui croient à un accueil digne à Calais?

Si vous souhaitez soutenir ces calaisiens ou ces citoyens qui s’installent pendant plusieurs mois pour tenter un accueil digne des exilés à Calais, vous pouvez prévoir un temps de bénévolat dans l’une des structures ou donner de l’argent. La Margelle, par exemple, cherche des bénévoles pour quatre à six semaines avec de l’expérience en travail social ou sur des terrains d’exil.Vous pouvez les contacter par mail à lamargelle.calais@gmail.com. Ou soutenir l’Auberge des Migrants dont la Warehouse ( l’entrepôt) est essentiel à plusieurs associations.

18 décembre 2025 journée internationale des migrants

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