
Des mesures de protection environnementale tout en respectant la culture et
l’habitat naturel des populations autochtones, c’est possible ! Au Pérou, Avec l’aide
de l’organisation non gouvernementale « Global Conservation », le gouvernement
péruvien met en place un système de protection et de surveillance dans le parc
naturel national Otishi, connu pour sa biodiversité exceptionnelle. La particularité de
ce dispositif : il a été mis en place avec l’accord et les suggestions du peuple
Ashaninka afin de ne pas menacer leurs traditions ancestrales.
La mise en place du dispositif de surveillance pour contrer l’occupation illégale
En cent ans, 80 % de la forêt amazonienne péruvienne ont été détruites par le narcotrafic. Le gouvernement a tenté à plusieurs reprises d’intervenir en lançant des opérations militaires dans la forêt tropicale. Le résultat a été désastreux, avec une déforestation encore plus appuyée de la zone naturelle, en raison des techniques utilisées qui se sont résumées à brûler les zones suspectes de culture illicite.
C’est en 2023 que le gouvernement décide de faire appel à l’ONG Global
Conservation, qui a pour mission principale de protéger les parcs naturels
menacés et les territoires autochtones, grâce à l’établissement de divers dispositifs
de surveillance et de sécurité. L’ONG déclare «inclure la voix des autochtones avec
l’utilisation de savoirs ancestraux sur la nature» dans la mise en place de ces
dispositifs, des mesures qui diffèrent des lois environnementales traditionnelles où
les savoirs environnementaux alternatifs aux savoirs occidentaux sont ignorés.
Des gardes issus des communautés Ashaninka
Après consultation du peuple ashaninka, et avec la collaboration du Service national
des endroits protégés de l’État (NSPA) et du Commando spécial, c’est quatre cents
kilomètres et quatre cent mille hectares du parc Otishi qui ont pu être protégés. Le programme comporte plusieurs mesures comme la mise en place de trente gardes naturels, tous issus des dix communautés Ashaninka qui résident dans la réserve, entraînés à détecter les anomalies potentielles dans leur secteur. La forêt tropicale est également équipée de satellites et de détecteurs de mouvements, ce qui permet une supervision constante des lieux. Enfin, une autre de ces mesures, et sûrement la plus symbolique, est la démarcation claire du territoire des Ashaninka avec le reste du parc naturel.
Ce dispositif de sécurité provoque la dissuasion des activités illicites du parc Otishi,
ce qui permet à la tribu Ashaninka de continuer à vivre paisiblement et de pratiquer
leurs traditions et leur culture, favorables à la régénération de la forêt tropicale détruite. Bref, de l’espoir.
Lisa Berger
12 novembre 2025






